Waldorf Iridium MK2 : encore meilleur avec Aphex Twin en guest !
Vous souvenez de l'Iridium premier du nom ? Ce synthétiseur de bureau, grand frère du Quantum, qui nous avait déjà fait tourner la tête avec ses multiples moteurs de synthèse ? Eh bien, préparez-vous, car Waldorf vient de lever le voile sur sa nouvelle version, l'Iridium MK2, et croyez-moi, il y a de quoi se faire plaisir.
Ce n'est pas juste un petit rafraîchissement esthétique, même si le design a été revu. Non, sous le capot, le MK2 embarque un processeur renouvelé, avec une RAM et une mémoire flash étendues. Du coup, ça ouvre des portes, et pas n'importe lesquelles : plus de capacité d'échantillonnage et, surtout, de nouvelles possibilités de synthèse. On aime ça !
Description détaillée des nouveautés
La nouveauté la plus excitante, c'est l'arrivée d'un sixième mode de synthèse, baptisé Seeds. Disponible sur chacun des trois oscillateurs, ce mode s'inspire de la synthèse par table d'ondes. Mais attention, on ne parle pas de simples formes d'ondes statiques ici. Le mode Seeds génère dynamiquement des parcours timbraux à partir de sous-oscillateurs appelés Seeds, que l'on peut combiner via la modulation en anneau, la FM, les tables d'ondes, les partiels et même des matériaux non-harmoniques. C'est le genre de truc qui vous fait dire : "Oh, le potentiel créatif !" Des parcours prédéfinis sont inclus, mais bien sûr, vous pourrez créer et éditer les vôtres. Bref, de quoi expérimenter sans limite.
Autre feature qui va faire parler d'elle : la fonction Per-Note-Parameter-Locks. Et là, surprise ! C'est le fruit d'une collaboration avec personne d'autre qu'Aphex Twin, un utilisateur de longue date de l'Iridium. Cette fonction permet d'assigner jusqu'à seize variations de paramètres individuelles à chacune des 128 notes. Imaginez, vous maintenez une note enfoncée et vous tournez des potentiomètres : les réglages sont sauvegardés note par note. Le mode de synthèse des oscillateurs, les paramètres d'effets... tout peut varier sur chaque note. Ça, c'est une tuerie pour le sound design et les performances expressives.
Waldorf a également introduit un nouveau potentiomètre, le Flavour, directement issu de leur synthétiseur Protein. Son rôle ? Apporter de la vivacité sonore en ajoutant des micro-variations de timing, de timbre et de pitch. C'est le genre de petit détail qui donne une âme à un son, qui le rend moins statique. En plus, le nombre de couches multitimbrales passe de deux à quatre, et de nouveaux modes font leur apparition (round-robin et random-robin), en complément des modes Layered et Split existants. De quoi enrichir vos compositions à plusieurs niveaux !
Pour le reste, l'Iridium MK2 conserve les caractéristiques qui ont fait le succès de la première mouture, et c'est une excellente nouvelle. On retrouve donc ses 3 oscillateurs avec pas moins de 6 modes de synthèse (tables d'ondes, formes d'onde, Particle, Resonator, Kernels, Seeds), sa polyphonie de 16 voix et ses 4 couches multitimbrales. Côté traitement sonore, on a un double filtre numérique stéréo par voix (avec des modèles célèbres comme Nave, Largo, PPG, Quantum) et un Digital Former pour des filtres d'état variable, bit-crusher, drives, et autres modulations en anneau. C'est déjà une usine à g… sons, si voyez ce que je veux dire.
N'oublions pas les 6 enveloppes, les 6 LFO, le Komplex Modulator, une matrice de modulation de 40 emplacements (!!) et pas moins de 5 emplacements d'effets par couche (réverbe, délai, chorus, phaser, etc.). Ajoutez à cela un arpégiateur avancé avec modes polyphoniques et un séquenceur pas à pas de 64 pas, une matrice de pads 4x4 rétroéclairés RGB, la compatibilité MPE et MIDI 2.0. Avec 4 Go de mémoire flash (dont 2 Go d'échantillons d'usine) et 7 000 emplacements de patches, vous ne manquerez pas d'espace. Bref, une bête de guerre pour la MAO.
C’est sûr : ça va servir !
La nouvelle n'est pas passée inaperçue auprès de la communauté des passionnés de synthés. Beaucoup se réjouissent de ces ajouts significatifs, soulignant qu'ils "correspondent à des choses qui (leur) serviraient clairement". L'arrivée de nouvelles fonctionnalités pour le même tarif ou presque, est saluée. Cependant, quelques remarques portent sur l'aspect visuel, notamment la couleur "ce gris...", ou la question d'une future version clavier pour le MK2, voire d'une version Core plus compacte. Il y a aussi un retour plus spécifique sur l'expérience de programmation de la partie Kernel, que certains utilisateurs trouvent encore un peu "tortueuse". Mais globalement, l'enthousiasme est bien là !
Mon avis
Bon, vous me connaissez, je suis toujours un peu à l'affût des machines qui sortent de l'ordinaire. Et cet Iridium MK2, il est clair qu'il me fait de l'œil. J'ai eu l'occasion de dévorer le deep dive de Rolf Wöhrmann (même s'il m'avait accueilli comme si j’étais contrôleur de l'URSSAF lors d’un précédent NAMM, le type est quand même un génie !) et ça m'a encore plus convaincu. Le fait que l'OS 4.0, qui apporte un randomiseur de patches, un arpégiateur polyphonique et de nouvelles fonctions microtonales, soit également déployé sur l'ensemble des modèles Quantum et Iridium existants, c'est une excellente nouvelle. Waldorf ne laisse pas ses anciens clients sur le carreau, et ça, je respecte.
Le moteur Seeds, sur le papier, est vraiment intrigant. J'avoue que sur les premières écoutes, on a l'impression d'un simple mix de volume entre chaque moteur plutôt qu'un vrai morphing, mais je demande à voir (ou plutôt à entendre !) en détail. Par contre, le potentiomètre Flavour, ça, c'est une super idée ! C'est le genre de petit ajout qui peut faire une énorme différence dans la vie d'un patch, lui donner ce petit truc en plus qui le rend vivant.
J'avais testé l'Iridium MK1 en version clavier il y a quelques années, et malheureusement, sur deux claviers que j'ai pu approcher, j'ai eu des problèmes de touches HS. C'était un peu la tristesse, car j'avais vraiment aimé les moteurs, que j'avais trouvés très expressifs. L'idée de prendre un Iridium version desktop m'a trotté en tête pendant un bon moment, mais j'avais résisté... pour l'instant. Là, avec le MK2, je vais avoir encore plus de mal à tenir. On verra, peut-être que je craquerai au MK3... ou au MK4, allez !
C'est vrai que les boutons sont parfois un peu rapprochés et que l'on a l'impression d'avoir un "glorified iPad" posé sur le bureau avec cet écran tactile. Il reste toutefois une ribambelle de contrôles en façade (oui ca faisait longtemps que je n’avais pas utilisé ce mot « ribambelle »), même si la complexité de l’instrument fait qu’il est évident que beaucoup de réglages se feront à l’écran tactile. Mais honnêtement, quand on entend la bête sonner, on oublie vite ces petites considérations ergonomiques. Le son est là, le potentiel créatif est ÉNORME. Hâte de voir ce que la communauté va en faire.
Prix et disponibilité
L'Iridium MK2 est déjà disponible via le réseau de distributeurs de Waldorf. Le tarif annoncé est de 2 399 €. Une mise à jour vers l'OS 4.0 est à venir pour l'ensemble des modèles Quantum et Iridium existants, ce qui est une excellente nouvelle, comme je vous l'ai dit. Pas de jaloux, tout le monde profitera d'une partie des nouveautés logicielles. Voila !
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