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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪

Le développeur Joe Landers a porté les deux machines cultes sur le très populaire Gearmulator, un projet Open Source développé par le groupe d’experts The Usual Suspects. Et c’est trop bien.

<span>La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪</span>

Des émulateurs d’Elektron ? OK, je suis hypé ! Et ça marche sous Gearmulator, un projet Open Source qui émule les processeurs Motorola DSP 56300, et c’est fou toutes les machines qui tournent sur cette plateforme. Le projet a déjà tout ça au catalogue :

  • Osirus : Émulation des célèbres Access Virus A, B et C.
  • OsTIrus : Émulation des Access Virus TI, TI2 et Snow.
  • Vavra : Émulation du Waldorf microQ.
  • Xenia : Émulation du Waldorf Microwave II et XT.
  • Nodal Red 2x : Émulation du Clavia Nord Lead / Rack 2X.
  • JE-8086 : Émulation du mythique Roland JP-8000.
  • 88emu : Émulation de la famille Roland Sound Canvas (SC-55, SC-88, SC-88pro…) et CM-32P.

Et maintenant, c’est donc au tour des mythiques Monomachine et Machinedrum de la marque suédoise de débarquer sous forme de plugins.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
Le catalogue de plugins The Usual Suspects, ça commence à faire

On émule, mais attention

Gearmulator est donc un projet développé par un groupe d’experts nommé "The Usual Suspects", et qui s’est donné pour mission d’émuler les circuits intégrés de nombreuses machines basées sur le Motorola DSP 56300 pour faire tourner leur ROM originale dessus. Joe Landers, un développeur basé à Berlin, a décidé de s’y coller en créant un "fork" du projet, et en y intégrant deux machines iconiques : la Monomachine et la Machinedrum.

L’exploit technique réside dans l’émulation du Motorola DSP56303, une puce présente dans chacune de ces machines. Mais attention, comme pour tout projet de ce type, et c’est aussi le cas des autres machines émulées, il ne suffit pas de télécharger le plugin. Vous aurez besoin des fichiers ROM originaux des instruments. Et là, on entre un peu dans une zone grise, puisqu’Elektron - comme les autres fabricants de machines déjà émulées - n’autorise pas qu’on "tripote son code" ni qu’on fasse du reverse engineering ou qu’on crée des produits dérivés de ses produits. En vérité, l’émulation s’arrête à la puce Motorola et on ne touche pas au code Elektron, mais il faut quand même avoir les ROMs. Et ça, c’est supposé être interdit, car si vous ne possédez pas déjà les machines en question, vous n’avez logiquement pas accès à ces ROMs. Un peu comme pour les jeux rétro et les émulateurs de consoles. C’est le même principe.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
Les interfaces des deux plugins de Joe Landers sous Gearmulator

Bref, concrètement on n’est pas dans le super clean au niveau légal. C’est clairement un peu borderline. Il faudra voir comment l’éditeur réagira à cette vague d’émulateurs.

Pour l’heure, le projet est encore à ses balbutiements, en phase "early alpha" comme on dit. Cela signifie que tout n’est pas parfait, loin de là. Des utilisateurs signalent déjà une consommation CPU très élevée, et c’est vrai qu’en testant la Monomachine (que je possède, pour rappel), j’ai constaté que le plugin faisait grimper le CPU de mon M4 Max à 47% sur un projet totalement vide ! C’est beaucoup… mais ça marche, et c’est carrément bluffant ! Les patterns sonnent exactement comme sur l’originale. Vous allez me dire que c’est un peu normal puisqu’on émule la puce Motorola et non le logiciel Elektron, mais quand même. Ca m’a rendu tout chose 😅.

Mais bref, tout ça pour dire que les systèmes plus anciens risquent de ramer sérieusement avec ces plugins. L’arrivée de nouveaux développeurs sur le projet pourrait rapidement améliorer les choses, notamment sur cet aspect crucial.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
L’interface de la Monomachine est vraiment superbe. On s’y croirait.

Au-delà de l’émulation pure, Joe Landers a pris le temps de créer des interfaces utilisateur au look authentique, utilisables directement dans votre DAW. Et on a accès à tout ce qu’il est possible de faire dans l’UI Elektron, les Mute, les célèbres "parameter locks" qui ont fait la réputation d’Elektron, les clics d’encodeurs et les fonctions secondaires sont accessibles en cliquant sur les labels des boutons (c’est malin !). On peut mapper les boutons en MIDI (je ne suis pas parvenu à mapper les clics de boutons, cela dit), et charger la mémoire complète de la machine via une fonction de chargement d’une image complète de la mémoire (à manier avec précaution). Il y a même un support pour l’envoi de fichiers SysEx et des fonctionnalités d’interface audio étendues. Par exemple, vous pouvez router l’audio de votre hôte vers les effets d’entrée ou les fonctions d’échantillonnage de la machine. La version VST3 offre même plusieurs sorties ! C’est assez dingue !

Pour les plus jeunes d’entre vous qui ne connaîtraient pas ces légendes, la Monomachine, est sortie dans sa première version en 2003 sous l’appellation SFX-6 au format clavier. C’était un synthétiseur numérique à 6 pistes avec un séquenceur puissant, célèbre pour ses moteurs de synthèse uniques : du SID façon Commodore 64 au FM, en passant par le VA et le DigiPro. La version desktop dite SFX-60 est plus répandue, et elle est apparue en 2004. Une version mkII (SFX-60 MKII) a été dévoilée en 2007 avec un châssis plus mince et des caractéristiques améliorées. Une version + (SFX-60+ MKII), sortie en 2010 intégrait le désormais fameux +Drive, un espace de stockage étendu pour sauver ses patterns, qui équipe encore aujourd’hui le Digitakt 2 entre autres. C’est le modèle que je possède.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
La Monomachine SFX-6, initialement présentée au format clavier

La Machinedrum, antérieure à la Monomachine, est sortie en 2001 sous l’appellation SPS-1. C’était quant à elle une boîte à rythmes / synthétiseur de batterie 16 pistes, numérique également, avec quatre moteurs de synthèse percussive indépendants (TRX, EFM, E12, PI) et un séquenceur tout aussi créatif. Elle intégrait un séquenceur de 32 pas dans cette première itération. Une version SPS-1UW (UW pour User Wave) lui a succédé en 2005, et qui embarquait des fonctions de sampling 12 bits (allo les samplers Akai ? La SP1200 ? Voici enfin la concurrence !). La MKII est quant à elle apparue en 2007, en versions avec et sans User Waves, pour étendre le séquenceur à 64 pas. Comme pour la Monomachine, une version + est dévoilée en 2010, embarquant le +Drive pour y stocker jusqu’à 128 snapshots.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
La Machinedrum SPS-1 d’origine avec son écran orange ! I-CO-NI-QUE !

Deux machines qui ont bâti leur légende grâce à leur son très distinctif et leurs possibilités créatives quasi illimitées.

Un projet qui fait parler, avec son lot de questions

Forcément, un tel projet ne passe pas inaperçu. Sur les forums dédiés à la musique électronique, on voit l’enthousiasme monter. Certains saluent la qualité sonore, même en alpha, et se réjouissent de pouvoir enfin mettre les mains (enfin, les souris) sur ces classiques. D’autres, plus pragmatiques, se demandent si Elektron ne devrait pas, à terme, ouvrir le code de ses anciennes icônes ou proposer des versions officielles en plugin. L’idée est là : permettre à cette magie de continuer à vivre, même si l’expérience physique des machines reste incomparable. La question de la légalité des ROM et de la reproduction exacte des algorithmes, dont certains affirment qu’Elektron en a perdu les schémas (si c’est vrai, c’est ouf !), alimente aussi les discussions. Bref, ça débat fort, mais l’excitation est palpable.

Tactile ou virtuel, le dilemme

Comme je le disais plus haut, j’ai moi-même une Monomachine et je dois dire que c’est une machine que j’apprécie énormément pour son caractère, son son, mais aussi son interface. L’expérience Elektron, c’est avant tout un truc tactile, une ergonomie bien à elle, avec ces encodeurs et globalement cette interface qui vous invite à "jouer" de l’instrument. J’ai longtemps lorgné sur la Machinedrum en occasion, sans jamais vraiment me décider. Alors, est-ce que cette version virtuelle va me faire sauter le pas ? C’est difficile à dire. Ce premier test de la Monomachine en plugin, après quelques instants d’euphorie, m’a un peu refroidi. Ce n’est pas une interface prévue pour être manipulée à la souris. Et ça rend l’expérience plutôt pénible en fin de compte. Peut-être qu’en creusant un peu le MIDI Learn…

D’un côté, c’est génial de pouvoir avoir ces deux machines en virtuel, d’accéder à leurs sons si particuliers sans l’encombrement ou le coût de l’occasion, souvent salé. Mais d’un autre, je me demande si l’on retrouve vraiment l’essence de la machine sans le contact physique. Et puis, la question de la légalité des ROMs, comme je vous le disais, n’est pas anodine. On n’est pas certain que l’utilisateur lambda comprenne bien qu’il faut en théorie posséder la machine d’origine pour être dans les clous.

Pour l’heure, je suis un peu mitigé. Le projet est excitant, c’est une évidence. Mais la qualité sonore et l’ergonomie, même bien reproduite, devront faire leurs preuves face à l’original. Et l’aspect légal reste un point d’interrogation. À suivre donc, mais mon cœur de geek tripoteur de boutons et de machines à blip-blop reste partagé.

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La Monomachine et la Machinedrum en plugin 🤪
La Machinedrum en plugin a aussi cet écran orange totalement iconique (la couleur de l’espoir, rappelons-le)

Prix et disponibilité

Ces émulateurs sont disponibles dès maintenant en téléchargement gratuit sur GitHub. Ils fonctionnent en tant qu’application autonome et en tant que plugin VST3 sur macOS (compatibles Apple Silicon et Intel) et Windows. Une belle opportunité de se faire une idée, à condition d’avoir les ROMs et un CPU solide.

Knarf
À propos de l'auteur
Knarf
Fondateur - Guru in chief

Animateur principal de l'émission, SynthTuber par défaut, Knarf jongle sur une jambe avec des câbles TRS. Il faut dire qu'il sévit depuis bien trop longtemps sur Internet. Knarf réalise également la série MP3 "Les Aventuriers du Survivaure" dont les épisodes sortent environ tous les 182 ans. Son passif d'ingénieur du son de réserve et le fait qu'il soit maintenant très vieux lui confère le plaisir et l'honneur d'animer Les Sondiers.

Commentaires

L
Ludovic Il y a 58 minutes

J'ai revendu ma MnM il y a quelques temps (ça veut dire que j'ai le droit ? (-;) et c'est vrai que c'est bluffant même si mon M2 était à 100%... J'ai vu qu'un autre projet permettait d'avoir les moteurs comme VST mais ce que j'aimais bien dans la MnM c'était l'aspect routing bien barré. Il vaudrait mieux garder l'aspect groovebox !