Proto EP3V2 - Les prods de Noël des auditeurs

Date de l'interview: 
Jeudi, 2. Novembre 2017

Le temps file et le prochain Noël approche. Du coup il est plus que temps de vous faire écouter ou réécouter les prods concoctées par les auditeurs des Sondiers, sans classement aucun, chaque production étant intéressante à plus d'un titre.

En bonus, vous pourrez lire leur interview dirigée, ce qui vous permettra de connaitre un peu mieux qui se cache derrière la partition.

N'hésitez pas à commenter, et relayer.

Aujourd'hui : Proto EP3V2 de Fullnegi
Soundcloud : https://soundcloud.com/fullnegi-francois/protoep3v2

 

Question préliminaire : est-ce que tu nous autorises à publier l'audio de ta prod sur notre site ? S'il y a des mentions, des licences à préciser, n'hésite pas, on s'adaptera.
               C'est déjà fait et c'est avec plaisir !

               J'ai utilisé des morceaux de musiques de Nine Inch Nails et pour la musique avec les violoncelles avant le générique il s'agit de Reciprocity, provenant de la B.O. De la série Fringe.

Peux tu nous parler un peu de toi et de ton parcours ?
              Étudiant en lutherie et en informatique, j'aime concilier mes passions. Depuis tout jeune, j'aime jouer de la musique et bidouiller sur l'ordinateur. Et je trouvais là un moyen salvateur d'exprimer mes lubies. Après avoir écouté nombre de Saga Mp3 et Les Sondiers, je me suis lancé dans l'enregistrement de mes instruments, dans le but de m’entraîner à composer. Quand je me suis senti techniquement prêt à créer une saga, je me suis lancé dans ma Saga Exosoma. Récemment, je me suis mis à collaborer avec Hugo qui est un brillant créateur. Je suis actuellement en train de monter un Mono avec lui sur la Cybernétique.

Quelle a été l’idée générale derrière ta prod ? Qu’avais-tu en tête au moment de démarrer ?
               Il s'agissait du nouvel épisode de ma saga. J'ai toujours une idée d’où je veux placer mes personnages. Mais c'est d'abord un état d'esprit que je veux présenter, l'histoire est pour moi plus accessoire, c'est un prétexte. Certains choisissent d'utiliser une histoire pour véhiculer une morale, un reflet sur la société, je choisis de véhiculer une ambiance, une atmosphère. Mon but est d'immerger l'auditeur dans ce monde. Et pour ce faire, il fallait que ce soit grandiloquent : ambiance planante, sonorités qui interpellent, trou noir audio-psychédélique, violoncelle qui fait peur, envolée lyrique des violons pour finir sur un son qui reste à l'oreille, et dans la tête, une balise qui fait bip en écho.

Comment s’inscrit ton projet par rapport au défi des Sondiers ?
               Avant tout montage, j'effectue d'abord une recherche, comme un foley artiste. Et dans ce cas, tout est bon : effets sonores, ambiance ou bande originale de film, série, jeux vidéo, son provenant d'un VSTi bizarre etc etc... J'avais déjà effectuée toute cette recherche, il ne me manquait plus qu'à mettre ça dans Reaper et à assembler le tout. La dead-line des Sondiers était parfaite pour que je me bouge le cul et me lancer à corps perdu dans le mixage.

Qu’est-ce qui t’a motivé à nous soumettre cette production ?
               Je n'en fais pas un secret, sans les Sondiers, je n'aurais jamais été capable de faire ce que je fais maintenant. Je n'aurais sans doute pas été aussi loin que ce qu'ils proposaient dans leurs émissions. Ils m'ont permis de débloquer tout un univers, et grâce à leurs conseils, je me suis rendu compte que j'avais le monde à mes pieds (en ce qui concerne l'audio). Il suffisait que je tende la main et que j'en profite. C'était pour moi la bonne occasion de les remercier : « regardez ce que j'arrive à faire grâce à vous ! »

Quels instruments et quels matériels as-tu utilisés ?
               Contrairement à mes inclinations, je n'ai pas utilisé d'instruments organiques (guitare, piano). Il s'agit surtout de Sample et de VST gratuits : prenez un Sitar pourrie sur VST4Free, n'étant pas pro, l'effet ne limite pas l'instrument comme il devrait l'être. Alors poussez-le dans les notes graves. Ces notes n'existent pas sur l'instrument originel : vous venez donc d'utiliser une sonorité qui n'existe nulle part ailleurs. Voyez comment vos effets et votre DAW réagissent : n'hésitez pas à les poussez dans leur extrémités. D'autres ont déjà essayé, malgré tout, on est parfois surpris !

               Pour mixer le tout, j'ai utilisé Reaper et niveau écoute, je mixe avec un Casque Gamer auquel je suis habitué, ensuite, pour les vérifications d'usages et le mastering, tout est bon : écouteurs d'Ipod, enceinte de voiture etc... Et cela dans toutes les situations, que ce soit dans sa chambre au calme, en ville ou sur l'autoroute.

Quelles ont été les difficultés auxquelles tu as été confronté ?
               ... Me lancer... (rires). J'ai beaucoup de mal à ajuster les niveaux car j'incorpore énormément de son en même temps et on doit pouvoir les entendre sans qu'ils se « bouffent » l'un l'autre. Tout ça en respectant le niveau 0 sur le master évidemment. Il ne faut pas que ça aille trop faiblement (il faut que ça garde de la puissance, de la dynamique). Et il ne faut pas que ça sature. C'est un travail d'orfèvre. Vous voyez ce casse-tête chinois ou il y a 3 bille dans un labyrinthe en rond... J'en ai plus d'une dizaine, de billes, ici.

Si tu devais le refaire, que ferais-tu différemment ?
               La dynamique en règle générale : donc les niveaux et le mastering (j'ai fait quelques progrès depuis). Mais... ça reste un prototype. Vous pourrez entendre la version finale dans l'épisode 3... Quand il sortira ;)

Qu’as-tu tiré de cet exercice, globalement ?
               Me donner un cadre dans le temps pour réaliser l'exercice m'a permis d'être plus efficace. Je sais comment je dois assembler mon puzzle, mais je me pose toujours plein de question. Ici, avec la dead-line, prendre le temps de me questionner sur certains sons n'était pas un luxe que je pouvais me permettre. Au final, j'ai un très bon résultat et il y n'y a que peu de samples que je vais changer.

Comment cet exercice va-t-il influencer tes productions futures ?
               C'est un entraînement de mixer, tout comme composer, ou plus généralement : de savoir écouter. Au début, si on se prend trop la tête, on ne sait plus ce qu'on entend. Et comme c'est votre propre œuvre, le cerveau guide beaucoup trop les oreilles. Devoir travailler de façon plus efficace m'a sans doute permis de pouvoir écouter de façon plus pro. Mais une oreille de Sondier, ça se travaille sur des années !

 

 

 

 

 

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